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Le « conservatoire » du savoir-faire traditionnel malgache…
Il y a environ une vingtaine d’années, les marchés malgaches recelaient de trésors connus et reconnus. Hélas, la paupérisation constante et cette « honte » taboue d’être malgache (une honte inavouée mais bien réelle, héritée de l’humiliation identitaire conduite minutieusement par la colonisation française) ont fait que les Malgaches se sont détournés de leur artisanat « traditionnel » pour lui préférer les produits chinois, de piètre qualité, certes, mais à très bas prix (rappelons que le salaire minimum malgache avoisine les 20 € mensuels).
OPERATION MADAGASCAR souhaiterait tout simplement intégrer dans sa structure éco-touristique des ateliers et des logements pour accueillir des artisans travaillant dans le tissage de soieries, dans la marqueterie et dans la broderie, ce, dans une petite pépinière artisanale baptisée « JABO LANDY » (le « jabo landy » étant cette étoffe séculaire mariant la soie et le raphia). Des ateliers d’excellence ont d’ores et déjà été sélectionnés lors d’une mission d’évaluation menée par l’association.
Soulignons que le fief de la broderie et de la soierie est situé à Madagascar sur lesdits « hauts plateaux » des terres situées au centre du pays, en l’occurrence dans la ville thermale d’Antsirabe. Disons-le de suite, Antsirabe est située à des centaines de kilomètres du lieu d’implantation d’ORPHEUS MADAGASCAR (Majunga se situant au Nord-Ouest du pays). Il en va de même pour les spécialistes de la marqueterie qui sont implantés dans la ville d’Ambositra (elle aussi située sur les hauts plateaux, mais plus loin encore vers le Sud). La solution envisagée par OPERATION MADAGASCAR est de mettre en place un « planning tournant » : les artisans n’auraient pas à être déracinés, mais, à tour de rôle, seraient envoyés en mission au JABO LANDY pour tenir l’atelier. Majunga étant la 1ère destination touristique balnéaire du pays, il devrait y avoir bousculade pour aller faire son tour de garde…
Notons enfin qu’une boutique qui s’évertuera à mettre en valeur les régions et villes d’origine des artisans permettra de vendre équitablement le fruit de leur travail. Une commercialisation sur Internet et dans les réseaux Artisans du Monde (voire Altermundi) est à l’ordre du jour.